Dans le giron des rivages sans retours, dort l'ombre absorbant souvenirs et espoirs dans un spasme qui hoquète les relents d'une émotion, souveraine et basse comme le bruit des graviers sur la route : l'arbre solitaire, aveugle aux visages qui le supplient, courbe sa grave échine vers le ravin, afin d'apaiser la soif qui le tenaille du duvet sombre des paupières qui mirent le courant plus bas. Aucune existence, si éclectique, si éphémère soit elle ne saurait le satisfaire au fur et à mesure que sa peau se rigidifie, et que l'arête de son nez ne peut soutenir le roitelet sans que ne coule une larme vers l'océan. A sa vue, mon horizon semble s'émailler et disparaitre sous des effluves dignes du plus fort alcool, alors que mon attention tire vers les parterres gazonnés de mon départ. Mon cœur envie d'autres sources et des flores plus dignes d'habiter les riches terreaux de mon corps. Je renie alors les consolations de la promenade pastorale pour espérer celle de communautés diaphanes des jeunes filles en éclosion. Humanité : Ô ma jeunesse immobile.