Texte Libre

Terne est le bouton d'or sans le ton des prairies.
Mercredi 12 août 2009 3 12 /08 /2009 18:27
Un pépiement, au loin, que je ne constate pas d’abord, mais qu’un courant d’air tiède évoque. Un pépiement comme le seul refrain de ma pensée qui semble chercher le repos. Tout y tend : la chaleur du corps, mes yeux fatigués naviguant sur la surface crème du bureau, et  soudain ce pépiement pour me rappeler quelque soubresaut, qu’un objet existe encore, étranger, métallique, comme ce souffle jouant momentanément avec le silence pesant des rideaux sombres. Je ne peux m’empêcher d’évoquer quelques sourires d’enfance qui me reviennent, sans vraiment connaitre ce à quoi je souriais. Le contentement de quelque paix obtenue. Et la bibliothèque de ma grand-mère se détachait alors en fond, comme un mur impavide, de tomes luxueusement reliés, du Grand Meaulnes ou du général De Gaulle. Et ce sourire édenté que j’affichais alors était la marque de cette frange blonde que je portais, connivence avec les us d’une époque marquée par le gris des photos des journaux, une certaine fièvre alors que je naissais à moi-même dans les règles, et ce mot est important. Et je me rends compte à quel point, être de son époque pour une jeunesse souriante, mène l’adulte qui pousse en lui à trouver autre chose, ainsi qu'à se laisser porter par les vagues du désir d’un voisinage qui prend avec l’âge, les allures du monde.
Par Vidon - Publié dans : Rêves de Feu - Communauté : L'âme du poète
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