Il m’arrive souvent de rester muet devant une page vierge, ne sachant comment rompre le
silence, qui, comme une aubade, laisserait s’échapper quelques mots, pourtant vaines purulences à la déchirure que je provoque. Je ne sais comment évoquer le bien-être sans le rompre et
l’invectiver par quelques grossièretés sorties du silence, comme ces souvenirs pieux que l’on garde du défunt soudain ombragé par le gravier du cimetière qui crisse, ou le carillon du gardien qui
sonne le rappel des âmes. Et pourtant, non sans en user de manière urgente, je laisse ces traces comme le petit garçon essuie de sa manche un miroir, pour jeter un œil, comme ça, au visage qu’il
adopte lorsque ses pensées courent le monde.