Marie saisit l’anse et psalmodia le salut au fils lui versant quelques gouttes de la cruche sur le torse, une vigueur nouvelle la prit avec le regard de l’enfant et le silence, tout autour, leur fit ployer la nuque, pour saisir un mot, un rire : tiens, prends et vis.
Mon orgueil est celui, prends garde, de te donner mort si je le souhaite mais ô précieux le pourrais-je quand j’ai soucis de ta vie comme de ma chaire, qu’elle me revienne, avec elle ton devenir, rebelle, reviens moi en me livrant Amour. Vole avec lui ainsi que l’esprit. Mais mon savoir m’échappe à chaque geste que je reconnais de toi, double au visage lisse, tu me trahis et avec toi le temps qui jette ses rets, misérable qui m’enlève à toi : comment choisir entre ma terre et ton exil ? J’ai refuge dans le christ qui me parle souvent de toi … que dieu t’assiste et j’attends ton retour pour que tu me parles de lui.
J’ai donné mort à mon fils alors qu’il était encore en moi, et me suis donné l’exil qu’il me réservait. Ma chaire de femme tremble et frémis dans le fracas du temps, les pensées comme mon esprit prennent les sentiers qui me conduiront vers son tombeau. Je rencontrais pourtant cet homme dont la femme avait à peu près mon âge et qui attendait la délivrance. Je lui donnais mon pain et m’en alla.