Cette nature sauvage
Que rien ne dompte,
Malgré les philtres,
Malgré sa recherche en une maitresse femme,
Au fin fond d’elle-même, qui parce qu’elle vit,
Permettrait de retrouver les largesses d’un jardin anglais,
Me fait désespérer de ma volonté de la faire mienne,
Et parce que je désespère,
Comme une ondée calme le vent d’ouest,
Elle s’apaise.
La terre fertile s’abreuve de cette eau fraiche.
Mon cœur ose espérer de son fruit.
Passé de mirages, aux aurores boréales du nord,
Mon cœur résonne avec mon regard lorsque le présent t’acclame
Et dans un acte d’amour sans pareil
L’infini se mêle au présent dans la rédemption,
Dans le pêché et le pardon,
S’entrouvre la porte qui mène vers les miens
Il me faut alors quitter l’Eden,
Pour retourner vers ce jardin.
Nombreux sont les Yvains,
Qui, en cette terre de pèlerinage :
Lyon,
Effarouchés par quelques veuves au cœur aride,
Luttant avec ce qui les retenait à leur terre,
Serpent au croc solidement planté,
Trouvèrent leur pareil,
Et chacun dans une ronde,
Prirent parti du meilleur,
Souriant au doux visage qui les attendait plus loin ;
Ils formèrent une compagnie dispendieuse,
Erigeant totems, gravant bronzes et statuettes,
Echangeant colifichets et accroche cœurs
Dans la lumière blonde des bières tièdes
Aux promesses de Mars,
Au fruit de Juillet,
Et sur les paroles de bonne chance,
Prirent la route qui allait un peu plus loin là bas,
Chacun éclairé de sa nouvelle amitié.
Le glaive acéré fit couler le sang liquoreux,
Qu’il recueillit en un vase,
Celui là même qu’il avait pétri au galbe de ton corps,
Et qu’il avait peuplé de ses prières,
S’éparpillant en une nature sauvage,
Peuplant songes et rêves,
Aux signes intangibles des âges,
Aux mouvances d’une ronde domptée par l’humanité.
Ses membres prirent consistance,
Drapé du désir évanoui,
Piqué des milles sirènes du monde.
A cet instant, il parla.
Ce fut pour dire qu’il était bien là, certes,
Mais que son don serait autre.
Il prévoyait disette, orages, guerres,
Se trompait-il, il avait l’éternité pour lui,
D’autres parleraient pour lui.
Il saisit le verre qui lui faisait face,
Et l’avala d’une gorgée.
D’un rivage, je trouve des reflets dans les souffles d’un soleil inconnu
Prenant les reliefs d’un sol parfois vallonné, parfois montagneux,
Une nuée pourtant le baigne dans son désir d’ailleurs,
Jetant l’ancre d’une phrase pour quelques patois d’Aragon.
Hélé par l’hôte de mes nuits, mon signe accueille la Providence
Qui seule se souvient de mes songes d’enfer
Et leur offre rédemption en cette terre,
Où je trouve le sourire du firmament
Et le cœur de la terre d’Asie.
Soleil Glabre à la voix savoureuse,
Ayant suivi tes sentes tortueuses,
Il me semble la connaitre à l'entendre :
Celle qui est mienne lorsque s’exprime le coeur.Marie saisit l’anse et psalmodia le salut au fils lui versant quelques gouttes de la cruche sur le torse, une vigueur nouvelle la prit avec le regard de l’enfant et le silence, tout autour, leur fit ployer la nuque, pour saisir un mot, un rire : tiens, prends et vis.
Mon orgueil est celui, prends garde, de te donner mort si je le souhaite mais ô précieux le pourrais-je quand j’ai soucis de ta vie comme de ma chaire, qu’elle me revienne, avec elle ton devenir, rebelle, reviens moi en me livrant Amour. Vole avec lui ainsi que l’esprit. Mais mon savoir m’échappe à chaque geste que je reconnais de toi, double au visage lisse, tu me trahis et avec toi le temps qui jette ses rets, misérable qui m’enlève à toi : comment choisir entre ma terre et ton exil ? J’ai refuge dans le christ qui me parle souvent de toi … que dieu t’assiste et j’attends ton retour pour que tu me parles de lui.
J’ai donné mort à mon fils alors qu’il était encore en moi, et me suis donné l’exil qu’il me réservait. Ma chaire de femme tremble et frémis dans le fracas du temps, les pensées comme mon esprit prennent les sentiers qui me conduiront vers son tombeau. Je rencontrais pourtant cet homme dont la femme avait à peu près mon âge et qui attendait la délivrance. Je lui donnais mon pain et m’en alla.
Lenteur d’un battement, comme l’abricot que l’on met en bouche,
Suave comme le désir qui s’étiole vers la lumière du jour toujours,
Aux contrepoints de mes doigts,
Sous l’eau fraiche qui fait palpiter l’iris,
Des sources à défricher,
Alors qu’elles prirent forme autrefois, je m’en souviens,
Lui redonner vie !
Lui rendre ses soupirs !
J’ai dans mon rire son or,
Que je jette aux vents :
Une joue se transforme en arlequin
Un front en comédien
M’essoufflant dans cette dispense,
Me purifiant dans cette rixe;
Que tu m’offres;
Rieuse aux feuilles de trèfle;
M’abimant dans mon roc;
Me rehaussant dans ta brume;