Dimanche 5 juillet 2009

14

Nombreux sont les Yvains,

Qui, en cette terre de pèlerinage :

Lyon,

Effarouchés par quelques veuves au cœur aride,

Luttant avec ce qui les retenait à leur terre,

Serpent au croc solidement planté,

Trouvèrent leur pareil,

Et chacun dans une ronde,

Prirent parti du meilleur,

Souriant au doux visage qui les attendait plus loin ;

Ils formèrent une compagnie dispendieuse,

Erigeant totems, gravant bronzes et statuettes,

Echangeant colifichets et accroche cœurs

Dans la lumière blonde des bières tièdes

Aux promesses de Mars,

 Au fruit de Juillet,

Et sur les paroles de bonne chance,

Prirent la route qui allait un peu plus loin là bas,

Chacun éclairé de sa nouvelle amitié.

 

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Mardi 30 juin 2009

13

Le glaive acéré fit couler le sang liquoreux,

Qu’il recueillit en un vase,

Celui là même qu’il avait pétri au galbe de ton corps,

Et qu’il avait peuplé de ses prières,

S’éparpillant en une nature sauvage,

Peuplant  songes et rêves,

Aux signes intangibles des âges,

Aux mouvances d’une ronde domptée par l’humanité.

Ses membres prirent consistance,

Drapé du désir évanoui,

Piqué des milles sirènes du monde.

A cet instant, il parla.

Ce fut pour dire qu’il était bien là, certes,

Mais que son don serait autre.

Il prévoyait disette, orages, guerres,

Se trompait-il, il avait l’éternité pour lui,

D’autres parleraient pour lui.

Il saisit le verre qui lui faisait face,

Et l’avala d’une gorgée.

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Dimanche 28 juin 2009

12

D’un rivage, je trouve des reflets dans les souffles d’un soleil inconnu

Prenant les reliefs d’un sol parfois vallonné, parfois montagneux,

Une nuée pourtant le baigne dans son désir d’ailleurs,

Jetant l’ancre d’une phrase pour quelques patois d’Aragon.

 

Hélé par l’hôte de mes nuits, mon signe accueille la Providence

Qui seule se souvient de mes songes d’enfer

Et leur offre rédemption en cette terre,

Où je trouve le sourire du firmament

Et le cœur de la terre d’Asie.

 

Soleil Glabre à la voix savoureuse,

Ayant suivi  tes sentes tortueuses,

Il me semble la connaitre à l'entendre :

Celle qui est mienne lorsque s’exprime le coeur.
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Jeudi 11 juin 2009

Marie saisit l’anse et psalmodia le salut au fils lui versant quelques gouttes de la cruche sur le torse, une vigueur nouvelle la prit avec le regard de l’enfant et le silence, tout autour, leur fit ployer la nuque, pour saisir un mot, un rire : tiens, prends et vis.

Mon orgueil est celui, prends garde, de te donner mort si je le souhaite mais ô précieux le pourrais-je quand j’ai soucis de ta vie comme de ma chaire, qu’elle me revienne, avec elle ton devenir, rebelle,  reviens moi en me livrant Amour. Vole avec lui  ainsi que l’esprit. Mais mon savoir m’échappe à chaque geste que je reconnais de toi, double au visage lisse, tu me trahis et avec toi le temps qui jette ses rets, misérable qui m’enlève à toi : comment choisir entre ma terre et ton exil ? J’ai refuge dans le christ qui me parle souvent de toi … que dieu t’assiste et j’attends ton retour pour que tu me parles de lui.

J’ai donné mort à mon fils alors qu’il était encore en moi, et me suis donné l’exil qu’il me réservait. Ma chaire de femme tremble et frémis dans le fracas du temps, les pensées comme mon esprit prennent les sentiers qui me conduiront vers son tombeau. Je rencontrais pourtant cet homme dont la femme avait à peu près mon âge et qui attendait la délivrance. Je lui donnais mon pain et m’en alla.

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Lundi 8 juin 2009

10

Lenteur d’un battement, comme l’abricot que l’on met en bouche,

Suave comme le désir qui s’étiole vers la lumière du jour toujours,

Aux contrepoints de mes doigts,

Sous l’eau fraiche qui fait palpiter l’iris,

Des sources à défricher,

Alors qu’elles prirent forme autrefois, je m’en souviens,

Lui redonner vie ! 

Lui rendre ses soupirs !


J’ai dans mon rire son or,

Que je jette aux vents :

Une joue se transforme en arlequin

Un front en comédien


M’essoufflant dans cette dispense,


Me purifiant dans cette rixe;


Que tu m’offres;


Rieuse aux feuilles de trèfle;


M’abimant dans mon roc;


Me rehaussant dans ta brume;

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Jeudi 21 mai 2009

La montée fut harassante,

Enchainant chaque pas sur ces pavés ronds,

A chaque plateau reprenant souffle …

Aux fenêtres des bégonias en fleurs,

Je croisais sur ma route une grand-mère descendant en sens inverse,

De celles qui ont pris les traits de cette terre sèche

Quelques tâches ambrées pourtant sur ses joues,

Elle me fascinait …

Pourtant je repris route et aperçus au haut de la montée

Un homme de mon âge environ et son fils qui jouait,

Peut-être celui que j’aurais désiré il y a quelques années,

Mais il n’en est plus question,

L’homme tourna la tête vers moi d’un air sombre,

Je tâchais de sourire,

Son fils pris par le jeu éclata de rire, nous le regardâmes …

J’atteignais le haut de la pente et s’y trouvait un hôtel

Avec une belle terrasse donnant sur les hauteurs de Lyon.

Entre les arbres, je découvris en contrebas la cathédrale saint Jean.

 



 

 

 

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Mercredi 29 avril 2009

8

J'aimerais avoir ce continu des impressions que l'on doit ressentir lors de son enfance de sa croissance, alors que l'on prend pouvoir sur le monde et que le verbe se fait action. Le langage se fait alors corps, et baigne les objets et l'entourage au quotidien, faisant de cet interlude entre la naissance et la mort un arc en ciel de sensations. Mais, il me semble, il faudrait pour celà la religion.
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Lundi 16 mars 2009

7

Tu me penses, tu m'effeuilles
Enfant, lorsque tu me guettais de ta fenêtre,
Me rendant vers les rangs de la classe
Une règle bien calée au fond de mon cartable
Alors que tu croquais cette biscotte couverte de confiture de fraise.
Tu m'aimais secrètement, dans le silence de ta chambre,
Et je n'en sus mot qu'en quittant cette contrée de rires.

Ainsi se joue le sens du premier terme,
Celui qui éveille le sens du possible,
Un regard qui se ferme pour n'imaginer qu'ailleurs
Je vis reclus dans un coeur,
Lequel qu'en sais-je,
Coeur changeant mouvant:
Mes sens adoptent les tiens
Ma course adopte ton souffle.

Mes rencontres me sont des connaissances,
Qui semblent balayer l'universel de leur portes,
Fraternité n'est qu'un sourire aimable
Que l'on raille car y croit on vraiment à ce subterfuge de l'âme
Qui se joue de toi car en est-ce vraiment ainsi si mon désir y croit
Je pointe mon doigt vers toi, un seul endroit de toi qui s'exclame
Et point par point je trace la forme mouvante d'un héron qui s'envole
Je t'attrape te donne d'autres visages malgré toi, selon toi
Y es tu dupe si ainsi je trace ta carte à mon souvenir ?

Cette petite fille me prend alors à témoin,
Me commandant d'aimer par elle ou de partir pour elle,
Jetant un cordage à cet arbre,
De m'y construire un havre
Qui accueillera mes soupirs le temps du repos,
Mais alors qu'elle s'endort, je m'impatiente
Ou est elle, cette eternelle étrangère qui calmait mes sens ?

Mon esprit vagabonde de son coeur à mes pas
Nul ne connait ses caprices, je suis son témoin ici bas.
Je te reconnais dans un visage que je croise,
J'apprecie ces formes qui ressemblent à l'essence de ton galbe
Y ancrerai-je ma vie, par soumission aux tempêtes de ta voix
Vulgate, toi qui sèmes mon chemin de tes desirs
Et de l'horreur de notre rencontre dans l'Eden.
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